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Pourquoi doit-on comprendre le racisme? Par Gabriel Dithon

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Réflexions sur les idées de race et du racisme.-

 Par Gabriel Dithon

L’humanité ne s’est  pas développée de manière monotone. Mais à travers des modes extraordinairement diversifiés de sociétés et de civilisations. Ce qui sous-tend que chaque société apporte leur contribution à un certain  niveau dans le développement de l’espèce humaine. Toutefois,  Cette diversité intellectuelle, esthétique, sociologique ne dépend pas des facteurs biologiques des groupements humains. On la retrouve au sein de chaque société dans les différents groupes qui la constituent (classes, milieux professionnels, ou confessionnels).  Et pourtant, cette dernière  n’est pas toujours perçue par les hommes pour ce qu’elle est: un phénomène naturel résultant  des rapports directs ou indirects mais plutôt comme un scandale; sans  préalablement chercher à comprendre les véritables causes de celle-ci. Ce qui conduit directement au racisme qui est l’un des phénomènes causant beaucoup plus de mal aux humains, et ceci, l’un des plus discriminatoires. Il contribue  à la déshumanisation de certains groupes de l’espèce humaine. Il  marginalise  les valeurs d’une nation et même d’une race par rapport aux autres. Son application peut aussi amener même à la suppression d’un passé symbolique, sociologique et historique d’un peuple ou d’une race.

Le racisme peut se définir comme une doctrine qui prétend voir dans certaines caractéristiques intellectuelles et morales attribuées à un ensemble d’individus. Il est considéré comme une doctrine. Il peut se résumer en quatre  points. Le premier  pose une corrélation entre patrimoine génétique et aptitudes intellectuelles et morales. Le deuxième affirme que ce patrimoine  est commun à tous les individus formant certains groupes humains. Le troisième soutient qu’il est possible de classer ces groupes ou races suivant une hiérarchie. Le quatrième conclut cette hiérarchisation rendant légitime les rapports de domination ou d’exploitation ou mêmes de destruction entre les races.

Parallèlement, la notion  de race se définit comme l’ensemble de traits qui caractérise l’espèce humaine. On en distingue quatre: noire, blanche ,rouge et jaune. Le fait de vouloir supériorité  l’un par rapport à l’autre n’a rien de scientifique. Les différences qui existent entre celles-ci s’expliquent du point de vue géographique, historique et sociologique mais non des aptitudes spécifiques  liées aux races. Par conséquent, le fait qu’une société soit plus développée par rapport à une autre ne justifie pas que ces habitants possèdent des facteurs innés plus avancés par rapport aux autres.  Prenons par exemple le cas d ‘Haïti et celui de la France l’une des puissances mondiales, leur diversité ne  s’explique pas à une question de race supérieure /inferieure. Mais plutôt parce que chacun d’eux évolue et crée leur propre histoire.

L’ethnocentrisme qui est la valorisation d’une culture par rapport à une autre,  est l’un des piliers du racisme. Ă cet effet, Claude Levis Strauss dans son livre: « race et histoire » nous fait savoir que c’est une absurdité de parler de  supériorité culturelle. Car, la culture est l’identité même d’un peuple.  La diversité  des cultures est dans le présent et  aussi en droit dans  le passé.  Ă travers les études effectuées auprès des cultures différentes, il se trouve  qu’il existe certaines qui semblent émergées d’un tronc commun. Inversement des sociétés entrées récemment en contact très intime paraissent offrir l’image de la même civilisation alors  qu’elles y ont accédé par des chemins différents. Ce qui est à l’œuvre simultanément, au niveau des sociétés humaines  travaillant dans des directions opposées: les unes tendant au maintient et même à l’accentuation d’un certain particularisme; les autres  agissant dans le sens de la convergence et de l’affinité. Toutes ces raisons nous empêchent de parler de cultures sauvages et d’autres civilisées.

Les principaux fondements du racisme

Le racisme comporte deux fondements principaux : d’une part l’espèce humaine qui est composée de groupes distincts aux caractéristiques biologiques différentes. D’autres part, la hiérarchisation des races selon une échelle de valeur.

D’un point de vue biologique, le racisme existe depuis quand les hommes ont eu l’idée d’améliorer l’espèce humaine. Ce qui implique un niveau d’insatisfaction de l’espèce. La transformation des populations est la cause première du racisme. Avant d’en parler on doit aborder la conception des entités de la population soit de l’individu. La conception d’un individu implique un acte sexuel et dans cet acte est fait ce qu’on appelle une transmission des caractères provenant de deux individus en acte. Cette transmission est faite grâce à la rencontre des gamètes mâles et femelles. Ces gamètes possèdent des unités spécifiques responsables de la transmission qui sont les chromosomes qui eux même possèdent une très grande quantité de gêne, d’où l’apparition de la science Génétique qui étudie comment sont transmis les gènes et leur apport à l’organisme. Toute entité d’une population ou d’une race est composée génétiquement de la sorte peu importe la caractéristique de la race. Ce qui nous amène à faire une différence entre deux termes qui nous permettront de mieux aborder ce sujet, le génotype et le phénotype. Le premier correspond à la collection des gènes dont est doté l’individu lors de sa conception. Le second correspond à l’apparence de l’individu, son physique, ce que nos sens perçoivent. Cependant, on ne peut pas observer directement que des phénotypes alors que la réalité profonde dont dépendent les générations concerne le génotype.

Vers les origines des populations

D’où viennent les transformations des populations ?

L’un des éléments essentiel des transformations est la migration. Dans les populations humaines des évènements provoquent l’isolement  d’un groupe de sa zone habituelle. D’où résulte parfois un isolement génétique. Il suffit d’un très faible courant d’immigration pour que les effets de l’homogénéité génétique soient annihilés pourvu que chaque immigrant apporte des gènes frais qui se rependent dans le groupe et remplacent ce que la dérive avait éliminé. Il ne faut pas ignorer en parlant de l’apport génétique des immigrants qui ont tendance à avoir un nombre d’enfant plus  élevé que la moyenne que ce soit pour des raisons biologiques ou psychiques en cherchant à constituer autour d’eux un monde familier. Ce qui montre pertinemment qu’il existe une possibilité d’érosion génétique. En ce sens, on ne peut pas ignorer le niveau du racisme qui va exister dans notre monde pourvu que chaque  race va tenter de conserver leur état pur tel nous montre l’exemple tiré du livre « Eloge à la différence »  d’Albert Jacquard d’une petite tribu d’indien icaques du Honduras étudié par l’ethnologue Anne Chapman. Elle a pu reconstituer l’histoire génétique du groupe depuis sa fondation par 7 personnes soit 4 hommes et 3 femmes.  Il y a un siècle on constate que les immigrants ont été forts peu nombreux, soit environ 5% des effectifs de mariés à chaque génération et le patrimoine génétique des enfants nés au cours de ce siècle est de 21% du gène provenant des immigrés et 71% des fondateurs historiques. En plus, les caractères extérieurs du corps comme la couleur de la peau ou la forme de la tête, résultent pour la plupart de l’adaptation au milieu. D’ailleurs, une analyse phylogénétique des groupes humains, sur la base de critères stables et non soumis à cette influence du milieu, ne permet pas de les classifier selon des « races ». La variation génétique est beaucoup plus importante entre les individus  d’une même population qu’entre groupes différents. À l’intérieur d’un groupe humain, elle peut être supérieure à celle que l’on trouve dans les groupes. L’étude de la diversité génétique nous renseigne surtout sur l’histoire et la géographie des populations. Elle rejoint, en ce sens, l’analyse linguistique. Nous savons, en effet, qu’après la deuxième guerre mondiale, l’introduction des analyses génétiques statistiques a détrôné l’indice céphalique. De ce fait, les stéréotypes raciaux, devons-nous le dire, ne relèvent que des différences superficielles qui ne sont pas de l’analyse génétique. Ils résultent avant tout, de l’influence du climat  et peut être aussi d’autres types de sélection, comme l’alimentation et la sélection sexuelle

Le second élément est la sélection naturelle. Quand on dit sélection naturelle nous devons évoquer sa liaison avec la transformation spontanée des espèces qui est un mécanisme qui utilise le même matériau que la sélection artificielle. Cette sélection dite naturelle selon Darwin induit une différence dans le pouvoir de reproduction des individus. Elle entraine donc d’une génération à l’autre une modification des fréquences des divers gènes et provoque une évolution naturelle du patrimoine génétique. Il faut noter que celle-ci agit sur des individus et non sur des gènes. Car son mécanisme opère dans l’univers phénotypique c’est-à-dire en fonction des diverses caractéristiques de son phénotype que l’individu sera capable de résister aux diverses agressions du milieu, de survivre et de procréer.  D’où sa réussite ou échec global déterminera sur les gènes dont il est porteur. Le changement du système génétique et phénotype d’hommes et femmes provoquent un état d’esprit subjectif qui permet de comparer les diverses races en attribuant une valeur à chacune. Aussi,  en établissant une hiérarchisation d’où découle le racisme. Le caractère spontanément pris en considération pour définir les races est celui le plus facilement repérable, la couleur de la peau. Il est vrai biologiquement que la couleur est héréditaire mais ce déterminisme génétique est mal connu. Il faut rappeler que les diverses couleurs de peau résultent de la densité de l’épiderme d’un unique pigment, la mélanine, essentiellement  présent aussi chez les blancs, les jaunes ou les noirs avec des doses très variables. Ce qui produit des différences quantitatives non qualitatives tout en expliquant qu’il n’est pas question qu’on soit meilleur que d’autre. Cela veut dire qu’on ne peut  pas prendre la pigmentation des populations comme un fait pour porter un jugement soit supérieur ou inferieur. En effet, le patrimoine génétique contenant les informations est mené par code valable pour tous. Autrement dit, un code universel. Ainsi dit, Jacquard, dans le 5e chapitre de son livre cité en dessus, l’illustre comme suit : toutes cellules réalisent des transferts d’énergie au moyen des mêmes composantes chimiques, notamment l’adénosine triphosphate, les membres des cellules ont tous la même structure, le stockage de l’énergie est assuré par les mêmes produits, […].

Ensuite socialement, certaines populations vis-à-vis de leur pigmentation,  étant le produit de la génétique et de leur position géographique, ont une tendance de surestimer leur race et mettre à l’écart d’autres. En effet, est considéré comme intelligent dans une population, celui qui est capable d’exploiter ou de résister selon des moyens inventés contre les pressions du monde extérieur. Les gens de la race pure disent que leur race est meilleure. Ils sont plus intelligents que  les autres vue qu’ils prétendent inventer des matériels informationnels robotiques  et tentent quelque fois de traiter inferieurs, non intelligents, ceux  qui n’appartiennent pas à leur race. Toutefois, la question d’intelligence prise dans un sens restreint par certains est une construction raciste, destructrice. Chaque race donne un sens connoté avec le terme intelligence, puisque l’exigence de chacune n’est pas la même.

La civilisation occidentale est pour beaucoup dans ce phénomène. Elle s’implique dans tout. Elle intervient dans la vie des populations de couleur. Elle  change de fond en comble leur mode traditionnel d’existence soit en imposant le sien ou en instaurant des conditions qui engendraient l’effondrement des cadres existants sans les remplacer par d’autres. Donc, étant dans cette situation les peuples qui subissent la domination de la civilisation choisiront de se soumettre ou de combattre. Il n’y a  pas de quoi à se prendre pour la civilisation supérieure car d’une manière ou d’une autre nous dépendons tous l’un de l’autre. Nous dépendons encore des grandes découvertes qui ont marqué la révolution telle que l’agriculture, l’élevage, la poterie et le tissage. Ce sont ces peuples « sauvages » qu’on a pris pour des barbares qui ont réalisé ces merveilles et que c’est un pur hasard. Pourtant, leurs œuvres sont beaucoup trop complexes pour que le hasard puisse en rendre compte. C’est à cause que la civilisation occidentale s’est montrée beaucoup plus évoluée que les autres qu’elle se prend pour « supérieure ». Pourtant, c’est dans chaque œuvre réalisée par ces peuples barbares, elle a apporté une certaine amélioration pour en faire de nouvelles. Les différentes formes de révolution industrielle qui ont été accomplies nous montrent que la question de se prendre pour la civilisation meilleure qu’une autre n’a aucune importance. Car ces bouleversements technologiques (apparition de la lumière, façon plus raffinée de faire le feu etc.) ne dépendent pas d’un génie d’une race ou d’une culture mais de conditions si générales qu’elles se situent hors de la conscience humaine. Chaque peuple possède et transforme les techniques suffisamment complexes pour pouvoir dominer leur milieu au cas contraire ils auraient été disparus déjà. D’ailleurs l’humanité n’évolue pas dans un seul sens et ceci d’une façon ou d’une autre, elle reste dans sa place initiale ou progresse. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne peut être le siège de transformation. La classification des humains en petits groupes fondamentaux est largement le fait de l’histoire européenne ; elle est étroitement associée à l’existence de ports d’escale pour la flotte marchande et à l’afflux massif d’immigrants, précisément en provenance de ces ports, vers l’Europe et ses colonies américaines.

De plus, s’ajoutent les différences biologiques, linguistiques, comportementales, vestimentaires et d’autres composantes du flot historique cumulatif que nous appelons «culture». En réalité, nos archétypes raciaux ne décrivent pas de quelques purs ancêtres mais sont des représentations symboliques des peuples situés dans les extrêmes biologiques.  Nous comprenons, sans ambages, que cette classification a des raisons plus complexes que nous le pensions. D’ailleurs, Linné, père de la classification biologique, est, rappelons-le, un suédois. La construction d’une identité est une sorte d’arène politique où les généticiens sont particulièrement incompétents. Cela nous montre qu’aucune race n’est supérieure par rapport à l’autre.

Toujours avec cette question de couleur,  les races dites supérieures sont perverties en réduisant les autres en esclavage. Elles les colonisent, les détruisent s’ils résistaient, juste pour les dominer et les exploiter en les réduisant au néant. Dans son  texte intitulé  « Au regard de la science » Albert jacquard tente de donner quelques causes du racisme. Pour lui, le racisme s’exprime par un dégout, un mépris envers une personne de race différente non pas à cause de ses caractéristiques comportementales et physiologiques mais à cause de son appartenance raciale non identique. Ce qui aura pour conséquence la destruction de soi-même. Le dominant pensera qu’il sera toujours au pied du dominé. Il sera confronté à toutes sortes d’angoisses, d’amertumes. Il sera toujours  en perpétuelle lutte avec les autres, à savoir : l’intelligence contre l’intelligence, l’affronter c’est-a-dire front à front.  Ainsi, le raciste est celui qui a perdu une certaine confiance en soi, pour camoufler ce désaccord en son état interne, il est dans l’obligation de gonfler son jabot et se prétend être supérieur. Pour cela, il utilise plusieurs arguments se basant sur la génétique. Mais qui n’a aucun fondement scientifique, parce que tous les organes de quelque soit l’individu, noir, blanc, rouge effectuent le même travail. En second lieu, le raciste se rendra compte que la génétique ne tient pas la chandelle. Cette fois, il primera l’intelligence. Il dira que l’intelligence des noirs est en dessous de celle de la race blanche, qu’ils ont l’aptitude d’inventer, d’implanter des idées nouvelles à l’intérieur de ceux qu’ils considèrent comme étant des sous-hommes. Il poursuit pour dire  que la race  noire  n’est  pas civilisée. Les sont ainsi des barbares, des sous hommes qui sont en dessous de l’échelle de l’industrialisation, qu’elles ne sont pas dotés de la capacité de diriger, de penser et de réfléchir. Emergées d’un tronc commun des sociétés entrées récemment en contact très intime paraissent offrir l’image de la même civilisation alors  qu’elles  y ont accédé par des chemins différents. Par contre, tous ces propos avancés ne sont que des surestimations. Le mépris qu’il manifeste envers la race noire n’est qu’un déguisement pour cacher le vertige qu’il ressent face à son vide intérieur.

Toutefois, nos différences ne sont qu’une diversité multilinéaire, fruit d’échanges continus. Les races, pour le principe d’une structure généalogique en arbre, sont considérées comme des espèces. C’est-a-dire, comme des branches d’un arbre phylogénétique qui, après leur divergence initiale, perdent le contact sur le plan génétique avec le reste de la souche. Et si les races sont génétiquement si proches, c’est qu’elles n’ont jamais été isolées. L’évolution des groupes humains peut être comparée aux bras d’un fleuve qui se séparent et se recombinent de nombreuses fois.  Les populations, les langues et les cultures changent, se scindent et fusionnent perpétuellement, d’où il peut résulter qu’une population peut avoir plusieurs ancêtres et plusieurs descendants. En effet, tous les humains appartenaient à une espèce unique dotée, grâce à ses aptitudes culturelles, d’une grande souplesse comportementale. La théorie de la coalescence porte un regard nouveau sur l’histoire de notre espèce. Les généalogies des gènes n’ont, en fin de compte, strictement plus rien à voir avec celles des populations. Malgré  ces nombreuses affirmations, les théories racistes ne peuvent pas être prouvées scientifiquement. Dans l’état actuel de la science, il est absurde d’affirmer  la supériorité ou  l’infériorité d’une race par rapport à une autre tant sur le plan intellectuel, moral ou génétique.

Somme toute, les raisons pour lesquelles certaines races se prennent pour les meilleures n’ont aucun fondement. Car juger une nation par rapport à sa couleur est insensé et futile. Ces civilisations ne sauraient être « supérieures » vraiment, car scientifiquement parlant elles ne possèdent aucun « surplus d’organe » que les autres, leurs justifications n’ont pas de valeur puisqu’elles ne peuvent pas être prouvé. Ce phénomène qu’est le racisme n’a pas sa raison d’être puisque les hommes sont égaux et le fait qu’un peuple progresse par rapport à un autre ne veut pas pour autant dire qu’il est supérieur. Le peuple qui se croit supérieur se prend pour le dominant, dénigre les peuples dits « inferieurs » et ce qui causera plus tard la faiblesse de ces derniers (non estime de soi, rabaissement, méfiance…). Tout nous montre qu’il ne sert à rien d’être raciste. Nous nous ressemblons. Nous possédons les mêmes caractéristiques, ce n’est qu’une question de mélanine. Et enfin nous pouvons dire qu’il n’existe qu’une seule race, c’est la race humaine.

Gabriel Dithon

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