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Le génocide. Un autre regard sur l’occupation militaire américaine d’Haïti- Par Jacques Casimir (Pasteur D’Amoulio )

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Le génocide. Un autre regard sur l’occupation militaire américaine d’Haïti
Généralement les historiens disent que ce sont les parties qui déterminent le tout. Pour bien comprendre l’histoire de ce peuple , nous avons fait  la démarche inverse,  nous avons  compris que c’est le tout qui détermine les parties et  non l’addition des parties qui constituerait le tout . C’est à partir de l’ensemble des événements  et avec une vision globale que l’on peut requestionner l’histoire et  découvrir  pourquoi la chronique de cette catastrophe a été  déjà annoncée bien longtemps en avance et découvrir  la succession des faits historiques qui ont  amené le pays dans  cette impasse .
 

Autrefois on disait souvent que: c’est la force et le droit qui règlent  toutes les choses dans le monde, la force en attendant le droit et on attendra ce droit très  longtemps. Dans le cas de l’occupation américaine,  la force a été et est encore le modus opérendi de la politique des États -unis face à Haiti. 19 ans d’occupation militaire sanglante, et plus de 250.00 morts,ces plaies ne sont se jamais cicatrisées. Les actes de violence du passé ne restent pas dans le passé; Ils se transmettent de génération en génération, en particulier lorsque l’injustice demeure inavouée et occultée.  Reconnaître le génocide commis par les marines américain en Haiti impliquerait aussi de reconnaître le génocide commis aux Philippines, au Nicaragua et ailleurs et cela aucun président des État-Unis et son gouvernement ne sont prêts a admettre une telle vérité, faire amende honorable  et demander Pardon.C’est pour cela que l’historien conséquent se doit de persévérer pour que la mémoire ne se perde pas.

Ne se contentant plus de massacrer les civils innocents, l’occupant américain a tout fait pour abruti le peuple haïtien  en le déscolarisant pour en faire un pays d’arriéré. Voici quelques exemples historiques incontestables  qui démontrent ce plan machiavélique.  Le refus de toute aide aux écoles haïtiennes en coupant le financement  était une politique systématique qui devait conduire à la prise de possession du département l’instruction publique à l’époque ( aujourd’hui l’éducation nationale)
 

1)Une première  attaque  contre l’éducation dans ce pays a été menée par  l’Ambassadeur  américain,de l’époque : M. Bailly-Blanchard. Il s’opposa à la création des classes normales en donnant ordre au receveur général de ne pas exécuter la loi du 30 juillet 1919, qui devait financer l’éducation nationale.« Désapprouvée, disait-il, et considérée comme inopérante par le Gouvernement des États-Unis.» L’enseignement supérieur fut plus maltraité encore. La tentative de Louis Dantes Bellegarde échoua, il voulait  créer un « Cours normal supérieur » : le conseiller financier américain Mcilhenny refusa le crédit nécessaire en vue de créer le noyau d’une École normale supérieure pour la formation des enseignants

2) L’école de Médecine, de Pharmacie et d’Art dentaire peut être, dans un certain sens, considérée comme une  école professionnelle ou même trois écoles professionnelles. Aucune institution ne fut plus persécutée que celle-là. La politique lui avait porté un premier coup : six de ses meilleurs professeurs avaient été révoqués sous prétexte de non collaboration à l’occupant. M. McLean, le chef américain du Service d’Hygiène, mit tout en œuvre pour faire fermer cette école qui, malgré sa pauvreté, avait formé quelques-uns de nos plus habiles médecins et des savants dont la haute valeur a été reconnue dans les facultés européennes. Il a fait expulser manu-militari de l’école professeurs et étudiants .Pendant longtemps l’école de médecine d’Haiti n’a pas pu former aucun médecin pour venir en aide à la population maltraitée, malade; ce qui augmenta le nombre de morts de ce génocide. Sources :Les Articles du journaliste  américain Hebert. J. Seligman de janvier à mai 1920, publiés par: le New york times, le Boston Globe. Ces documents peuvent être consultés au M I T  de Boston. Bibliothèque des sciences sociales section journaux et périodiques
3) L’École des Sciences Appliquées est une institution privée, fondée le 3 Février 1902, subventionnée par le président Pierre Nord Alexis et dirigée exclusivement par des Haïtiens : malgré la modicité de ses ressources, elle a formé des ingénieurs et architectes haïtiens d’un mérite reconnu et justifié.Par les méthodes cruelles qu’ils employèrent, les  américains voulaient ruiner le système scolaire d’Haïti en fermant cette institution .1) RÉF: Auteure Emily Balch Titre occupied Haiti (New York 1927 ,réimpression par Négro University Press NY 1969  2) Sources Notes de protestation de Ferdinand Hibbert Ministre de l’instruction publique envoyé au département d’état des USA le 17 juin 1921
Aux États-Unis, l’opinion publique comme le monde politique finissent par s’interroger sur le bien-fondé et surtout sur l’intérêt de cette occupation dont une poignée de grandes banques et quelques grosses entreprises agroalimentaires semblent seules tirer profit. C’est pourquoi, au printemps 1930, le président Herbert Hoover envoie une commission du Congrès enquêter sur place. Ayant constaté, non sans un certain étonnement en raison de la désinformation généralisée de la situation, l’hostilité manifeste de toute la population ainsi que la difficulté pour les États-Unis de continuer à occuper militairement un pays en révolte, la commission recommande de retirer les troupes d’occupation et de rendre aux Haïtiens leur pleine souveraineté aussi vite que possible. C’est la version officielle publiée par le département d’État US pour sois-disant quitter Haiti
Voici les vraies raisons du départ des forces d’occupation militaires  Américaines d’Haïti en 1934 1) Son excellence,Sa majesté,L‘Honorable Empereur  Hailé Sélassié,  souverain de toutes les Éthiopie, dénonça systématiquement sur toutes les tribunes internationales l’occupation militaire sanglante illégale d’Haiti, en reconnaissance  de l’aide  du président Nord Alexis apportée au roi Ménélik II pour chasser les italiens lors de la bataille d’Adoua.(voir notre cours Chronique  Le Père du Panafricanisme)Plus tard son ministre des affaires étrangères ,Heruy  Welde Sélassié,  critiquait avec vigueur sur la tribune de la Société des nations l’ancêtre des Nations Unies, cette occupation  illégale qui violait les règles et le fondement même de cette organisation. Agusto Cesar Sandino qui  luttait aussi  contre l’hégémonie des USA appela tous les peuples à résister, il fut l’un des plus farouches détracteurs cette macabre occupation. Face au tollé international des violations des accords de Genève et de la conférence de Washington, Les USA ont finalement retiré le tristement macabre corps des marines d’Haiti en 1934Agusto Cesar Sandino Disait ceci en 1932 : « Les Gouvernements des États-Unis n’ont jamais respecté et ne respecteront jamais de bonne foi  les accords qu’ils ont signés avec les peuples anciennement colonisés s’il ne trouvent pas un avantage dominant ou s’ils sont contraints par la force.» Plus tard l’histoire démontre qu’il n’avait pas  tort, exemple le Vietnam. 1)RÉF: Sandino: The testimony of a Nicaraguan Patriot,1921-1934 Agusto C.Sandino Sources les archives et collections de la Société des Nations (1919-1946)
 
2) Beaucoup de patriotes,  des diplomates, dénonçaient systématiquement  le viol par les États-Unis des traités qu’ils ont signés, le plus  farouche d’entre eux fut;Louis Dantes Bellegarde qui agaçait au plus haut niveau l’administration américaine de l’époque. De multiples pressions ont été faites pour qu’il se tait. Finalement le Général américain John Russel  se présentât au palais national pour demander son rappel en tant que diplomate. Dans un des rares actes de bravade face à l’occupant, Louis Eugène Roy, Président provisoire d’Haiti,  le nomma le lendemain ministres plénipotentiaire d’Haiti  à Washington. Dans son discours devant le corps diplomatique  Il a dit ceci:
«Le peuple haïtien est en péril de mort, parce qu’un gouvernement étranger, servi, hélas ! par des mains haïtiennes, s’efforce de détruire parmi nous ces valeurs humaines que M. Hoover reconnaît comme seules capables de donner à la vie, noblesse et dignité. Haïti à la volonté de vivre. Elle ne sacrifiera pas, contre une prospérité illusoire, ses biens les plus précieux : liberté de l’individu, indépendance de la nation, dignité de la race, – forces morales supérieures à toutes les acquisitions matérielles de l’industrie et du machinisme. Haïti veut bien labourer son champs, mais en « attelant sa charrue aux étoiles ». 
Ce discours  indisposa le gouvernement américain. Devant son acharnement indéfectible à dénoncer sur toutes les tribunes internationales l’occupation militaire illégale d’Haïti, au péril de sa vie, le président Hoover le déclara persona non grata et le chassa des État-Unis1).RÉF Notes du Major Général John H Russel Jr Ce document se trouve dans les archives de la Marine Corps Base, San Diego, en Californie daté  1934. 2)Sources Lettre  de protestation du président  Hoover au Président provisoire d’Haiti Louis Eugène Roy sur la révocation de l’accréditation du Citoyen diplomate Haïtien Monsieur Dantes Bellegarde 19 août 1930 3) Sources Louis Dantes Bellegarde speech washington 1931 ( Ce document donne l’intégralité du discours et se trouve à la bibliothèque du congrès Des USA- foreign policy of the southern hemisphere united states of Americas 1906-1938)
Afin de montrer l’importance qu’il accorde au problème, Roosevelt effectue son premier déplacement à l’étranger en se rendant à Haïti en juillet 1934. À cette occasion et en signe de bonne volonté, il annonce que le retrait définitif de l’armée d’occupation, d’abord prévu pour novembre, est avancé de trois mois. En fait, les derniers marines quittent le pays le 21 août avant que d’autres mesures ne suivent. Ainsi le Parlement est rétabli et, l’année suivante, le gouvernement haïtien obtient de pouvoir racheter sa banque nationale à la National City Bank. Cependan,t ce n’est que le 13 septembre 1941 que les postes de « receveur général » et de « conseiller fiscal » sont supprimés et les fonds qu’ils géraient transférés à la Banque nationale dont toutefois trois des six membres du conseil d’administration sont des citoyens des États-Unis, nommés par leur gouvernement et explicitement chargés de veiller à ce que le service de la dette (intérêts et capital) due aux établissements états-Uniens soit privilégié par rapport à toute autre dépense. Néanmoins le Parlement retrouve le droit sous supervision américaine d’établir et de voter le budget du pays . RÉF: Auteur Leslie Buell.Titre< The American Occupation of Haiti D Foreign Policy Association information Service, Vol. 5, (Novernber 27 – March 12, 1929)
Pourquoi ils reprochent aux américains  de ne pas respecter les accords Signés? À l’initiative des États-Unis, s’est tenu la première Conférence Internationale à Washington  d’octobre 1889 à avril 1890. Cette réunion aboutit à la création de l’Union internationale des Républiques américaines. l’ancêtre de l’OEA. L’Organisation est créée dans le but d’obtenir dans ses États membres, comme le stipule l’Article premier de la Charte, « un ordre de paix et de justice, de maintenir leur solidarité, de renforcer leur collaboration et de défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance ». voici les articles et les preuves percutantes de la violation des traitées
Article 1 Les peuples des Amériques ont droit à la démocratie et leurs gouvernements ont pour obligation de la promouvoir et de la défendre. La démocratie est essentielle au développement social des états américains.
 
Article 8. L’intervention par un ou plusieurs Etats. directement ou indirectement et pour quelque motif que ce soit, dans les affaires internes ou externes d’un autre Etat est inadmissible.

Article 9. Le territoire d’un Etat est inviolable et ne peut être l’objet d’occupation militaire ou d’autres mesure: de force prises par un autre Etat, directement ou indirectement pour quelque motif que ce soit, même temporairement. Les acquisitions territoriales ou les avantages spéciaux obtenus par la force ou par d’autres moyens de coercition ne seront pas reconnus

Article 10. L’emploi de’ la force armée est condamnée et proscrit.

Les  États-Unis d’Amérique n’ont jamais respecté ne respecte pas et ne respecteront jamais ces accords.Cette charte a été modifiée par 1):le protocole  de Buenos aires ( Argentine le 27 février 1967) 2) Par le protocole Cartagena ( Colombie 5 décembre 1985

3)Le protocole de Washington (USA 14 décembre 1992) 4) Le protocole de Managua  (Nicaragua 10 juin 1993)Tous ces articles cités ci-devant ont disparu pour  ne plus voir le viol constant des accord signés, pour soutenir les oligarchies des pays membres ,permettre aux USA d’intervenir militairement  dans les États membres quand ils veulent et ou ils veulent pour que plus jamais ne se répète sur les tribunes internationales  les charges de dénonciation menées par Hailé Sélassié, Augusto césar Sandino ,Dantes Bellegarde et Anténor Firmin contre l’occupation militaire des USA en Haiti , au Nicaragua 1)RÉF :Bibliothèque  du congrès des États -Unis d’Amérique séances préparatoire de la conférence de Washington septembre 1889 indice de référence N001 2)Sources Les archives du département d »État vote à la conférence de Washington mars 1890 main levé pour publication (documents déclassifiés lot août -octobre 1947)rendus public en février 1986 

Les autres raisons du départ des marines : Jeudi 24 octobre 1929 : la bourse de New York s’écroule. Le décalage entre l’offre et la demande a fait chuter les prix des actions. 13 millions de titres sont vendus à des cours très bas et le 29 octobre, de nouveau 16 millions de titres. Les milliards fictifs créés par la bulle spéculative s’envolent en fumée. Les banques, en manque de liquidité, gèlent les crédits aux entreprises, aux particuliers et à l’armée. Entre 1929et 1932, la production industrielle américaine chuta de moitié, les investissements de 89 %. Les entreprises faisaient faillite les unes derrière les autres En 1932, il y avait plus de 12 millions de chômeurs aux États-Unis, plus du quart de la population active ! Sans espoir d’embauche.Le gouvernement américain était incapable de soutenir le financement de l’armée c’est ce qui a sonné le glas de la présence des marines en Haiti. Avant de partir, les américains  ont laissé un héritage empoisonné. Cette crise économique a sauvé les haïtiens des marines génocidaires sinon aujourd’hui on parlera d’Haïti et de son peuple au passé décomposé. 1).RÉF: AuteurPaul Samuelson Titre Myths and Realities about the Crash and depression Journal of portfolio Management 6 No1 2)RÉF: Auteur John Steinbeck Titre Les raisons de la colère.(Ce document décrit la crise qui frappait les agriculteurs, les  paysans et le société américaine.

Dans les cours à venir,nous allons démontrer l’héritage malsain et empoisonné laissé par l’occupant américain et apporter des preuves que l’armée d’haiti post occupation est une institution criminelle, corrompue à la solde des américains et aussi un des facteurs majeur du sous développement d’Haiti.

Les croyances doivent être ébranlées et la conscience historique doit être éveillée. Amen

Quoi que l’on fasse, quoi que l’on cache, rien ne pourra arrêter la marche de l’histoire Amen

Recherche JCAS-PO-AA2-163 

 

Jacques Casimir (Pasteur D’Amoulio)

 majac14@hotmail.com 

 À suivre

 

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